Construire une plateforme de signalement du harcèlement de rue

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Le 20 mai 2026, le canton de Neuchâtel a lancé un nouvel outil de service public : une plateforme qui permet de signaler des situations de harcèlement de rue. Elle a été bâtie sur le Guichet Unique — le portail cantonal de prestations en ligne — et livrée conjointement avec la Police neuchâteloise et le service informatique de l'entité neuchâteloise (SIEN). J'ai eu l'occasion de développer cette livraison, et je voulais partager, à grands traits, ce qu'elle fait et pourquoi construire ce type d'outil diffère un peu d'une fonctionnalité ordinaire.

Ce que fait la plateforme

Le harcèlement de rue — remarques insistantes non désirées, comportements intrusifs, propos sexistes ou intimidants dans l'espace public — reste souvent non signalé. Déposer une plainte formelle peut sembler démesuré au regard de quelques secondes vécues dans la rue, et une grande partie de ces faits n'est donc jamais consignée. L'objectif de la plateforme est d'abaisser ce seuil.

Depuis le portail Guichet Unique et les applications mobiles, chacun peut décrire une situation vécue ou dont il a été témoin. Deux voies sont proposées :

Point important : la plateforme complète les canaux officiels, elle ne les remplace pas. Elle ne se substitue pas à une plainte pénale, et toute personne en danger immédiat doit toujours appeler le 117. Cette distinction devait être communiquée clairement à l'intérieur même de l'outil.

Pourquoi ce projet était différent

La plupart des fonctionnalités que l'on développe se mesurent en clics et en conversion. Celle-ci se mesure en confiance. Quand une personne ouvre un formulaire pour signaler un fait qui a pu l'ébranler, certaines choses comptent plus que d'habitude :

Rien de tout cela n'est de l'ingénierie spectaculaire, et c'est exactement pour cela que cela mérite de l'attention. Le plus difficile, dans un outil civique comme celui-ci, n'est pas la technique — c'est de fabriquer quelque chose d'assez rassurant pour que les gens s'en servent vraiment.

Une pièce d'un ensemble plus large

Les signalements ne dorment pas dans une base de données. Agrégés et anonymisés, ils aident les autorités à voir et comment le harcèlement se produit, ce qui nourrit ensuite le travail de prévention et l'affectation des moyens policiers. Le lancement s'est accompagné d'une campagne de sensibilisation intitulée « Ça s'est passé ici », dont les visuels intègrent des QR codes menant au formulaire : le lieu physique où quelque chose s'est produit devient ainsi un point d'entrée direct pour le signaler. Le titre est bien trouvé — il fait en quatre mots ce que toute la plateforme cherche à faire.

Conclusion

Livrer cette plateforme m'a rappelé que le logiciel de service public donne le meilleur de lui-même quand il s'efface : un moyen simple et digne de confiance de se faire entendre, adossé au sérieux d'un canal officiel. C'est un petit bout de code à l'échelle des choses, mais un bout de code que je suis sincèrement fier d'avoir écrit.

La plateforme a été présentée par la conseillère d'État Céline Vara aux côtés de la Police neuchâteloise ; le détail figure dans le communiqué de presse du canton. Le formulaire de signalement se trouve sur guichetunique.ch/signalement.

Vous pouvez en lire davantage sur la plateforme dans son ensemble dans la fiche projet Guichet Unique, et trouver l'application sur l' App Store et sur Google Play.